Le doute s’installe
Au début, je n’ai rien dit.
Je me suis convaincue que c’était normal. Peut-être un retard bancaire. Peut-être une erreur administrative. Peut-être que Jun exagérait simplement ses envois pour me rassurer.
Mais un mois est devenu deux…
Puis trois…
Puis six.
Chaque début de mois, je vérifiais discrètement mon carnet bancaire. Chaque fois, le même résultat : rien.
Je vivais uniquement grâce à ma petite pension.
Je comptais chaque pièce. Je réduisais mes dépenses. Je faisais semblant de ne manquer de rien.
Un soir, pendant le dîner, j’ai finalement posé la question.
« Vous savez… Jun m’a dit qu’il envoyait de l’argent… »
Ma belle-fille n’a même pas levé les yeux de son assiette.
« Maman, tu es âgée maintenant. Tu n’as besoin de rien. On s’occupe de tout. »
Mon fils aîné a ajouté, d’un ton neutre :
« Ne t’inquiète pas pour ça. »
Quelque chose dans leur manière de parler m’a troublée.
Ce n’était pas ce qu’ils disaient.
C’était ce qu’ils évitaient de dire.
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